" HER "

vendredi 11 juillet 2014

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- Je ne suis pas quelqu'un qui regarde beaucoup de films, par manque d'envie parce que je prefère les séries, mais hier soir je passais la soirée chez Florian et avant de me coucher je voulais regarder un film, il m'a proposé de visionner "Her". J'en avais vaguement entendu parler, je n'avais que l'affiche, rien de plus et pourtant...

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" Los Angeles, dans un futur proche (2025). Theodore Twombly, travaille pour un site web comme écrivain public, rédigeant des lettres manuscrites de toutes sortes (familiales, amoureuses, etc..) pour d'autres. Son épouse Catherine et lui ont rompu depuis bientôt un an mais il ne se décide pas à signer les papiers du divorce. Dans un état de dépression qui perdure, il installe un nouveau système d'exploitation OS1, auquel il donne une voix féminine. Cette dernière, une véritable intelligence artificielle conçue pour s'adapter et évoluer, se choisit le prénom Samantha.

Ils entament une relation amicale et peu à peu, elle et lui tombent amoureux. "

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Ce qui m'a d'abord interpellée bien avant que le film ne débute, a été l'incroyable esthétisme, deux heures d'images soignées, aux couleurs vives, un réel plaisir pour les yeux, une qualité d'image à couper le souffle et une musique fabuleuse signée Arcade Fire (que je ne me lasse pas d'écouter).

Vient ensuite l'histoire, et c'est là que ça se complique un peu...On découvre un Theodore complexe,sensible, et complètement inconsolable à la suite de son divorce. Un pauvre gars qui a l'air d'en baver chaque jour, malgré son job, malgré ses amis, malgré les sollicitations de ces derniers pour le faire avancer et rencontrer de nouvelles personnes. J'ai éprouvé beaucoup d'empathie pour ce personnage, en me reconnaissant à des multiples reprises (petit coeur tout mou que je suis), c'est assez bizarre quand j'y pense d'aileurs...

De l'empathie et de la peine pour Theodore qui semble si perdu, si seul, prêt à abandonner l'idée d'aimer à nouveau. 

Samantha arrive un peu par surprise à vrai dire, elle n'est qu'un système d'exploitation et pourtant cette jolie voix suave (Scarlett Johannson) va prendre une place immense dans la vie de Theodore, quelquechose va se créer entre eux malgré les réticences de ce dernier, quelque chose de fort, qui nous fait oublier que Samantha n'est qu'une voix, enfin un OS.

En tant que spectatrice j'ai tout de suite eu envie que ces deux là s'aiment malgré toute la bizzarerie de la situation, comment aimer une voix, une machine, comment est ce possible que diable ?!

Samantha le reconnaît elle même, elle n'est qu'un OS et rien de plus.

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Samantha: Is that weird? You think I'm weird?

Theodore: Kind of.

Samantha: Why?

Theodore: Well, you seem like a person but you're just a voice in a computer.

Samantha: I can understand how the limited perspective of an unartificial mind might perceive it that way. You'll get used to it.

[Theodore laughs]

Samantha: Was that funny?

Theodore: Yeah.

Samantha: Oh good, I'm funny!

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Je n'ai pas envie de spoiler ceux ou celles qui n'ont pas vu le film, mais j'ai été bouleversée, jusqu'aux larmes même par ce film, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement avec mon expérience personnelle, ce sentiment de solitude que l'on peut ressentir à certaines étapes de nos vies, cette perte de repère, ce manque d'espoir, ce vide, alors que nous sommes entourés, connectés, sur-connectés et finalement seuls.

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Theodore: Sometimes I think I have felt everything I'm ever gonna feel. And from here on out, I'm not gonna feel anything new. Just lesser versions of what I've already felt.

Cette passage m'a pas mal troublée, j'ai déjà ressenti ce dont il parle, ce sentiment que rien ne pourra plus arriver, qu'on a déjà ressenti tout ce qui était possible de ressentir, comme si on était arrivé au bout de tout, une certaine lassitude.

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"Her" n'est pas seulement un film de science fiction ni un drame sentimental, c'est aussi une mise en avant de notre société.

De tous les problèmes que le virtuel implique, nous qui sommes en contact permanent avec l'extérieur par le biais de machines, et pourtant si seuls parfois, nous avons beau être sur plusieurs réseaux sociaux, ce n'est pas pour autant que nous sommes plus proches, parfois c'est même totalement le contraire, c'est un paradoxe qui parfois m'effraie, ou sont passées les rencontres spontanées que l'on pouvait faire avant ?

Ou sont passées ces longueurs heures au téléphone, ces nouvelles qu'on prenait de nos amis ? Maintenant on se renseigne de la vie de nos amis d'un rapide coup d'oeil sur facebook, twitter, un peu dans l'ombre, en se disant, c'est bon il/elle va bien, c'est devenue trop facile,  ça m'attriste un peu au fond, mais le fait est que notre rapport aux autres est en train de changer et que finalement communiquer avec une machine ne me semble plus aussi étrange et impossible.

Mais revenons en au film !

Spike Jonze a su mêler à ce malaise de notre époque une histoire d'amour avec un système d'exploitation, pour certains ce film n'est q'une bluette aux teintes vives 2.0, mais force est de constater (d'après mes sentiments) que c'est bien plus que ça.

Nous avons à faire à un personnage en complet décalage avec la réalité qui se réfugie dans un univers ou quelqu'un/quelquechose l'aimera pour ce qu'il est même si cet amour n'est que virtuel.

Je crois qu'au fond de nous nous cherchons tous à être aimés, peu importe par qui, ou par quoi, juste être aimés.

Et c'est de ça dont parle le film au fond, Theodore ne veut être qu'aimé, et c'est vers Samantha, cette voix, cette machine qu'il se tourne.

J'ai trouvé le film un peu long, mais finalement, je crois que sans ces longueurs il aurai perdu sa saveur si particulière.

 

À la fin je n'ai pas tout de suite su si je l'avais aimé ou pas, mais clairement il m'avait boulerversée, en témoignent les larmes que j'essuyais au fur et à mesure des scènes,  en entendant les morceaux (fabuleux) d'Arcade Fire, des images si parfaites du film. J'avais ressenti quelque chose, j'étais dans un état mélancolique, partagée entre plusieurs sentiments presque inavouables.  Peinée par ce que je venais de voir, de ressentir (ou je suis une GRANDE sensible, rien ni personne ne me changera que voulez-vous) Et pourtant j'étais heureuse du dénouement. Je n'ai pas trop cherché à analyser ces 120 minutes, quelque chose s'était passé, m'avait secouée, c'était le signe que le film m'avait plu. Le lendemain j'en ai parlé avec Florian (qui s'était lamentablent endormi sur le canapé à côté de moi en ronflant), monsieurs l'ayant déjà vu nous avons pu échanger nos points vue, et ouais poto, same sensibility lui aussi avait eu les yeux qui picottaient <3

En conclusion et je termine enfin cet article aussi long que mon bras, j'ai aimé ce film et l'atmosphère qui s'en dégage. Un film troublant mais qui mérite d'être vu. Il m'a beaucoup fait réflechir à la condition actuelle des choses, le virtuel apporte son lot de découvertes, parfois de très bonnes rencontres, des liens forts malgré l'absence de réel, des liens qui ne se seraient sans doute jamais crées en temps normal, mais je crois que malgré tout je préfère de loin, la vraie vie, avec de vrais gens, de vrais sentiments.

 

10 commentaires


Commentaire(s)

    Eva Lechat
    vendredi 11 juillet 2014 à 14:04

    J'ai lu tout un tas d'article au sujet de ce film, et seul le tient me donne réellement envie de le regarder

  • Asaline
    vendredi 11 juillet 2014 à 16:14

    Un très beau film

  • {Dust & Swallow}
    samedi 12 juillet 2014 à 00:28

    Très, très bel article! Tu as résumé ce film à la perfection! J'avais hâte d'en lire ton avis et j'ai ressenti exactement la même chose que toi. Ce film est très beau et bouleversant à la fois. Le personnage de Théodore m'a également beaucoup touchée et fait de la peine. On a envie qu'il trouve la paix et l'amour. C'est un film qui fait réfléchir et "dérangeant" dans le fait qu'il caricature notre mode de fonctionnement virtuel, où l'on s'éloigne les uns des autres et des vraies relations. A la fin, j'étais comme toi: un peu perplexe mais il m'avait beaucoup émue. Au final, j'ai vraiment aimé. C'est un très joli film que je ne me lasserai pas de revoir.

  • Sisi
    lundi 14 juillet 2014 à 21:33

    Je l'ai regardé un peu beaucoup grâce à ton article ce weekend et <3.

  • Jelly
    mardi 15 juillet 2014 à 11:53

    Ton article est super intéressant! Il FAUT vraiment que je regarde ce film, depuis le temps que j'en entends parler!

  • George Moustachi
    samedi 19 juillet 2014 à 23:45

    Non en fait j'suis pas parti me coucher, j'suis parti pleurer dans ma couette parce que j'étais trop ému, voila tout!

  • Virginie
    jeudi 31 juillet 2014 à 22:06

    Ah ce film je l'ai trouvé tellement étrange
    Mais tellement émouvant en même temps
    Je l'ai regardé dans l'avion pour la Californie, l'état bizarre dans lequel je suis sortie ^_^

  • cherrylou
    samedi 2 août 2014 à 11:23

    Ce film m'a complètement chamboulée. Je sais pas si tu l'avais lu, mais j'avais écrit un petit article dessus, à chaud après la sortie du cinéma, encore un peu "sous le choc"! L'oeil de Spike Jonze et le personnage joué par Joaquim Phoenix m'ont transporté vraiment loin...
    Des bisettes ma belle <3

  • Clem.C
    mercredi 6 août 2014 à 14:50

    Ton article est très bien fait. Tu m'as donné envie de le voir! J'espère qu'il va me plaire! =)

  • ArthurWho
    samedi 16 août 2014 à 15:41

    Un film que je n'ai pas encore vu mais il le faut apparemment !

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